Revente d’électricité solaire : obligation d’achat et tarifs EDF OA
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Revente d’électricité solaire : obligation d’achat et tarifs EDF OA

Contrat EDF OA sur 20 ans, tarif de rachat du surplus ~0,13 €/kWh, revenus exonérés sous 3 kWc : comment revendre votre électricité solaire en France.

JM Julien Mercier Julien Mercier est un ancien installateur photovoltaïque qui rédige les guides de

Quand vos panneaux produisent plus que ce que votre maison consomme, ce surplus n’est pas perdu : il est injecté sur le réseau et racheté dans le cadre d’un contrat d’obligation d’achat. Avec EDF OA (ou votre ELD locale), le contrat court sur 20 ans à un tarif garanti, et les revenus tirés d’une petite installation sont généralement exonérés d’impôt. Voici comment ça marche concrètement.

Obligation d’achat : le principe

L’obligation d’achat est un mécanisme de soutien public. L’État impose à EDF, via sa filiale EDF Obligation d’Achat (EDF OA), de racheter l’électricité solaire des particuliers à un prix fixé à l’avance. Sur les territoires desservis par une entreprise locale de distribution, c’est l’ELD qui joue ce rôle. Le tarif est fixé par arrêté et encadré par la CRE (Commission de régulation de l’énergie).

Le point essentiel à retenir : une fois votre contrat signé, le tarif qui s’y applique est bloqué pour toute la durée (20 ans) et revalorisé chaque année selon une formule d’indexation. Ce sont les tarifs proposés aux nouveaux contrats qui changent, révisés chaque trimestre par la CRE. Signer aujourd’hui, c’est verrouiller les conditions du trimestre en cours.

Bon à savoir Pour être éligible à l’obligation d’achat, votre installation doit être posée par un professionnel RGE et raccordée au réseau via Enedis. Une installation en site isolé (non raccordée) ne peut pas revendre.

Revente électricité EDF OA : tarifs et obligation d'achat

Vente du surplus ou vente totale ?

Deux modèles de contrat coexistent, et le choix change tout dans votre stratégie.

  • Vente du surplus : vous consommez en priorité votre propre électricité (c’est l’autoconsommation) et vous ne revendez que ce que vous n’utilisez pas. C’est aujourd’hui la formule la plus courante et souvent la plus rentable pour un particulier, car chaque kWh autoconsommé vous économise le prix d’achat (environ 0,25 €), bien supérieur au tarif de rachat.
  • Vente totale : toute votre production part sur le réseau, vous continuez d’acheter la totalité de votre consommation au réseau. Le tarif de rachat en vente totale est plus élevé, mais vous ne profitez d’aucune économie sur votre facture. Ce modèle a surtout du sens pour les grandes toitures ou quand l’autoconsommation est faible.

Pour la plupart des foyers, autoconsommer puis vendre le surplus rapporte davantage que tout revendre : le kWh que vous ne payez pas vaut plus que celui que vous vendez.

Les tarifs de rachat, à titre indicatif

Les montants ci-dessous sont des ordres de grandeur 2026 : ils évoluent chaque trimestre pour les nouveaux contrats. Vérifiez toujours la valeur du trimestre en cours avant de signer.

Modèle Puissance Tarif indicatif Remarque
Vente du surplus ≤ 9 kWc ~ 0,13 €/kWh Le plus fréquent chez les particuliers
Vente du surplus 9 à 100 kWc ~ 0,08 €/kWh Tarif dégressif selon la puissance
Vente totale ≤ 9 kWc ~ 0,04 à 0,10 €/kWh Fortement révisé, à vérifier au trimestre
Attention Ne confondez pas le tarif de rachat (ce qu’on vous paie pour votre surplus, environ 0,13 €/kWh) avec le prix d’achat de l’électricité (ce que vous payez à votre fournisseur, environ 0,25 €/kWh). C’est parce que le premier est inférieur au second que l’autoconsommation reste la priorité économique.

Durée du contrat et indexation

Le contrat d’obligation d’achat est signé pour 20 ans. Pendant toute cette période, votre tarif est protégé : il est réévalué chaque année selon un coefficient d’indexation prévu par l’arrêté tarifaire, ce qui compense en partie l’inflation. Vous savez donc, dès la signature, dans quelle fourchette évolueront vos revenus sur deux décennies.

20 ansdurée garantie du contrat de rachat
Chaque trimestrerévision des tarifs par la CRE (nouveaux contrats)
Indexé/anvotre tarif signé est revalorisé annuellement

Fiscalité : quels revenus imposables ?

C’est souvent la question qui inquiète le plus, et la bonne nouvelle est que la fiscalité est très douce pour les petites installations. Les revenus tirés de la vente d’électricité sont exonérés d’impôt sur le revenu lorsque trois conditions sont réunies :

  1. Puissance ≤ 3 kWc pour l’ensemble de vos installations.
  2. Deux points de livraison au maximum raccordés au réseau.
  3. Installation non affectée à une activité professionnelle (usage résidentiel).

Si vous dépassez ces seuils (par exemple une installation de 6 ou 9 kWc), les revenus deviennent imposables, généralement dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux, souvent sous le régime micro-BIC avec un abattement forfaitaire. Les montants restent modestes pour un particulier, mais il faut alors les déclarer. En cas de doute, service-public.fr et l’ADEME détaillent les règles applicables, et un centre des impôts pourra confirmer votre situation.

Bon à savoir L’exonération ≤ 3 kWc concerne l’impôt sur le revenu. Ce seuil fiscal ne doit pas être confondu avec le dimensionnement optimal de votre installation : beaucoup de foyers ont intérêt à installer davantage pour couvrir leurs besoins, quitte à déclarer de faibles revenus. Voyez notre page combien de panneaux faut-il pour arbitrer.

Les démarches, étape par étape

Le contrat de rachat s’obtient dans le prolongement du raccordement. Votre installateur RGE gère l’essentiel, mais voici la logique d’ensemble.

  1. Déclaration préalable de travaux : déposée en mairie avant la pose, elle valide l’aspect de la toiture.
  2. Demande de raccordement Enedis : elle déclenche l’installation du compteur communicant et la mise en service.
  3. Attestation Consuel : le Consuel vérifie la conformité électrique et délivre l’attestation indispensable à la mise en service.
  4. Demande de contrat auprès d’EDF OA : vous transmettez vos justificatifs (attestation RGE, facturation, données de raccordement). Le contrat de 20 ans est alors établi.
  5. Facturation annuelle : une fois par an, vous établissez une facture à EDF OA sur la base des kWh injectés, et le paiement est versé. Certaines installations bénéficient d’un suivi simplifié via l’espace en ligne EDF OA.

Pour le détail complet du chantier et des délais, reportez-vous à notre guide installation de panneaux solaires.

Vente du surplus et prime : deux soutiens cumulables

Si vous optez pour la vente du surplus, vous pouvez aussi percevoir la prime à l’autoconsommation, versée par l’État au titre de votre installation. Comme le tarif de rachat, son barème est révisé chaque trimestre par la CRE et tend à baisser au fil du temps. Prime et revente se complètent : la première allège l’investissement de départ, la seconde alimente vos revenus sur 20 ans. Le détail des montants figure sur notre page aides pour les panneaux solaires.

Pour comprendre comment ces revenus s’intègrent dans le calcul du temps de retour, généralement 8 à 14 ans selon la région et le prix, consultez notre analyse de la rentabilité des panneaux solaires.

Attention Méfiez-vous des démarcheurs qui promettent une revente miraculeuse ou un tarif de rachat gonflé pour justifier un devis surévalué. Le tarif est public et fixé par l’État : personne ne peut vous en obtenir un meilleur. Voyez notre page arnaques au démarchage solaire pour rester vigilant.

Questions fréquentes

Combien EDF rachète-t-il le kWh solaire en 2026 ?

À titre indicatif, le rachat du surplus pour une installation jusqu’à 9 kWc tourne autour de 0,13 €/kWh, contre environ 0,25 € le kWh que vous achetez. Ce tarif est révisé chaque trimestre par la CRE pour les nouveaux contrats, mais reste bloqué et indexé pendant 20 ans une fois votre contrat signé.

La revente d'électricité solaire est-elle imposable ?

Non, si votre installation ne dépasse pas 3 kWc, compte au maximum deux points de livraison et n’est pas liée à une activité professionnelle : les revenus sont alors exonérés d’impôt. Au-delà de ces seuils, ils deviennent imposables, souvent en micro-BIC avec un abattement, pour des montants qui restent modestes.

Vaut-il mieux vendre le surplus ou vendre toute la production ?

Pour la plupart des foyers, la vente du surplus est plus avantageuse : chaque kWh autoconsommé vous fait économiser environ 0,25 €, bien plus que le tarif de rachat. La vente totale, avec un tarif un peu supérieur mais aucune économie sur la facture, convient surtout aux grandes toitures ou aux faibles taux d’autoconsommation.

Combien de temps dure le contrat d'obligation d'achat ?

Le contrat EDF OA est signé pour 20 ans. Pendant toute cette période, votre tarif de rachat est garanti et revalorisé chaque année selon une formule d’indexation. Vous connaissez donc dès la signature la fourchette de revenus sur deux décennies, sans dépendre des révisions trimestrielles qui ne s’appliquent qu’aux nouveaux contrats.

Qui rachète mon électricité si je ne dépends pas d'EDF ?

Sur les territoires desservis par une entreprise locale de distribution (ELD, régie ou coopérative), c’est cette ELD qui remplit l’obligation d’achat à la place d’EDF OA. Les conditions et la durée de 20 ans sont comparables, le tarif étant fixé par le même cadre national encadré par la CRE.

Quelles démarches pour vendre mon surplus à EDF OA ?

Après la déclaration préalable en mairie, le raccordement Enedis et l’attestation Consuel, vous demandez le contrat à EDF OA avec vos justificatifs, dont l’attestation RGE de l’installateur. Une fois le contrat établi, vous facturez une fois par an les kWh injectés. Votre installateur gère généralement l’essentiel des démarches.